Tapis d’aprés François Joseph Bélanger de Mademoiselle Dervieux
Galerie Aveline
Attribution à la Manufacture Piat Lefebvre à Tournai. Dessin de François Joseph Bélanger (1744-1818). Ignace et Pierre Cietty (1752-1794). Laine. Époque Louis XVI, 1788. Longueur : 675 cm ; largeur : 396 cm.
Ce grand tapis velouté au point de la Savonnerie fut réalisé vers 1788 d’après un dessin de François-Joseph Bélanger pour le salon de musique de l’hôtel particulier d’Anne-Victoire Dervieux, rue Chantereine à Paris. Mentionné lors de la vente de ses biens en 1793, il est décrit comme un tapis exécuté spécialement pour le décor du salon, dont il occupait toute la surface.
Le tapis présente un spectaculaire décor néoclassique inspiré de l’Antiquité pompéienne : compartiment central structuré, demi-rosaces en ailes de chauve-souris bleu et or sur fond noir, palmettes dorées et bordures géométriques très colorées. Deux autres tapis proches de ce modèle sont aujourd’hui conservés au Mobilier national et au Rijksmuseum d’Amsterdam, ce dernier présentant quelques variantes dans le dessin central.
François-Joseph Bélanger, auteur du projet décoratif de l’hôtel achevé en 1788, travaillait régulièrement avec son beau-frère Jean-Démosthène Dugourc, dessinateur et ornemaniste du cabinet du frère de Louis XVI. Tous deux contribuèrent au renouvellement du goût néoclassique à la fin du XVIIIe siècle, notamment à travers des décors inspirés de l’Antiquité et des fouilles de Pompéi. Dugourc poursuivra d’ailleurs cette activité en Espagne, dessinant des tapis pour la manufacture royale de Santa Bárbara.
Bélanger réalisa également des projets de tapis pour d’importants commanditaires aristocratiques, comme la duchesse de Mazarin, dont plusieurs dessins sont aujourd’hui conservés au Metropolitan Museum of Art de New York. À la veille de la Révolution, plusieurs grandes manufactures françaises et européennes répondaient aux commandes prestigieuses du Garde-Meuble royal et d’une riche clientèle privée : la Savonnerie, Beauvais, Aubusson ou encore la manufacture Piat-Lefebvre à Tournai.
Bien que le tapis soit mentionné dans les archives comme un tapis « d’Aubusson », sa qualité de tissage laisse penser qu’il pourrait avoir été exécuté par l’un de ces grands ateliers spécialisés. Anne-Victoire Dervieux fit également appel à la manufacture de Beauvais pour d’autres tapis réalisés spécialement pour les différents salons de son hôtel particulier.