Régulateur par Ferdinand Berthoud et Balthazar Lieutaud des barons Hillingdon
The Metropolitan Museum of Art
new york
Ferdinand Berthoud (1727-1807) (horlogerie). Balthazar Lieutaud (circa 1720-1780) (ébénisterie). Bois de violette, satiné, bronze ciselé et doré. Paris, époque Louis XV, circa 1752. Estampillé “B. LIEUTAUD” et “MB” ainsi que “FL” (dans un encadrement) sous la caisse. Inscription “Cette Pendule à Equation et à Verge composée, a été faite par FERDINAND BERTHOUD, Horloger à Paris qui en a inventé l’Equation, et qu’il a présenté en 1752 à l’Académie Royale des Sciences de Paris. /Voyez l’Année 1752 des Mémoires de l’Académie des Sciences de Paris, Page 147 de l’Histoire, le Tome VII du recueil des Machines, Page 425. et l’Essay sur l’Horlogerie par le dit Berthoud, Tome 1er. Chapitre XVe. Page 79eme et suivantes”. Hauteur : 219 cm ; largeur : 63 cm ; profondeur : 30 cm.
Expositions : Londres, 1933, n° 449 ; Paris, 2008, Biennale des antiquaires, stand Aveline ; Maastricht, 2016, TEFAF, stand Aveline & Quénetain ; New York, 2015-2016.
Ce remarquable régulateur en marqueterie de bois de violette et de satiné est orné de bronzes ciselés et dorés à motifs végétaux, masques et godrons. Sa gaine, réalisée par l’ébéniste Balthazar Lieutaud, présente une forme élégamment galbée à la base et un ajourement central permettant d’apercevoir le balancier. Le mouvement à équation, particulièrement sophistiqué, est l’œuvre de Ferdinand Berthoud, l’un des plus grands horlogers du XVIIIe siècle.
Originaire du canton de Neuchâtel, Berthoud s’installe à Paris en 1745 à l’âge de dix-huit ans. N’ayant pas suivi le parcours traditionnel imposé par la corporation des horlogers parisiens, il rencontre des difficultés pour obtenir sa maîtrise. Il contourne alors les usages en présentant directement à l’Académie royale des sciences un projet de pendule à calendrier perpétuel et à équation. En avril 1752, il dévoile un mouvement exceptionnel intégrant des fonctions astronomiques complexes. Cette innovation lui vaut d’être reçu maître horloger par décision du Conseil du roi Louis XV en décembre 1753, alors qu’il n’a que vingt-six ans.
Ce régulateur semble correspondre au premier grand modèle à équation conçu par Berthoud. Son importance technique est telle qu’il est mentionné dans L’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, ouvrage majeur du siècle des Lumières. L’article consacré à cette “pendule à équation” souligne les avancées scientifiques du mécanisme, capable d’indiquer avec précision les variations entre le temps solaire réel et le temps moyen.
Installé rue de Harlay, près de la place Dauphine à Paris, Ferdinand Berthoud mène parallèlement une intense activité de recherche théorique. Dès 1755, il rédige plusieurs articles de référence sur l’horlogerie pour L’Encyclopédie. Nommé horloger-mécanicien du Roi et de la Marine, il joue également un rôle essentiel dans le développement des chronomètres marins destinés à améliorer la navigation et le calcul des longitudes en mer.
Ce régulateur illustre ainsi parfaitement la rencontre entre le raffinement décoratif de l’ébénisterie française et les avancées scientifiques de l’horlogerie des Lumières. Par la qualité exceptionnelle de son mouvement comme de son décor, il témoigne du prestige des grands instruments de mesure du temps dans les collections aristocratiques du XVIIIe siècle.