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Paravent par la manufacture de la Savonnerie

Collection Franky Mulliez, château de Dampierre
Dampierre-en-Yvelines

Manufacture royale de la Savonnerie, d’après François Desportes (1661-1743). Laine, lin, cadre en bois. Paris, époque Louis XV, circa 1734-1738. Hauteur : 145 cm ; longueur (de chaque feuille) : 65 cm.

Expositions : Paris, 2006, Biennale des antiquaires, stand Aveline ; Maastricht, 2020, TEFAF, stand Christophe de Quénetain.

Ce paravent de la manufacture royale de la Savonnerie est composé de quatre feuilles richement décorées d’oiseaux et d’animaux évoluant dans un paysage luxuriant. Aigles, hiboux, perroquets, faisans et canards se déploient parmi feuillages, fleurs, rivières, cornes d’abondance et natures mortes sur un fond bleu profond. Les compositions s’inspirent directement des dessins du peintre animalier François Desportes, célèbre pour ses représentations de chasses et d’animaux de la ménagerie royale sous Louis XIV.

Après la mort de Desportes, les dessins et modèles de son atelier furent transmis à la manufacture de Sèvres afin de servir de références décoratives. Une étude aquarellée correspondant à certains oiseaux représentés sur ce paravent est encore conservée dans les archives de la manufacture.

Les encadrements mêlent arabesques, feuillages et motifs floraux afin d’imiter les boiseries dorées des grands intérieurs aristocratiques auxquels ce type de meuble était destiné. Au XVIIIe siècle, les paravents avaient une fonction pratique — protéger des courants d’air dans les salons et salles à manger — tout en constituant de véritables éléments décoratifs. Les modèles les plus raffinés étaient réservés aux appartements privés et présentaient des compositions particulièrement riches.

Fournisseur privilégié de la famille royale française, la Savonnerie produisit plusieurs modèles prestigieux de paravents dont des exemples comparables sont aujourd’hui conservés au J. Paul Getty Museum de Los Angeles, au musée du Louvre et au musée Nissim de Camondo à Paris.

Ce paravent appartint à la collection d’Anne-Marie Dubernet, dite Cyprienne, devenue Madame Olympe Hériot après son mariage avec le propriétaire des Grands Magasins du Louvre. Réunissant peintures, mobilier et tapisseries du XVIIIe siècle, sa collection figurait parmi les plus importantes collections privées parisiennes du début du XXe siècle. Après sa mort, elle fut dispersée à la Galerie Charpentier en 1946.

Par la qualité de son tissage, la richesse de son décor animalier et sa prestigieuse provenance, ce paravent compte parmi les plus remarquables productions de la Savonnerie au XVIIIe siècle.