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Commode par Bernard (II) Van Risamburgh dit “B.V.R.B.” des ducs de Doudeauville

Collection particulière

Bernard (II) Van Risamburgh (circa 1700-1766). Lazare Duvaux (1703-1758) entre 1754 et 1758, marchand mercier. Chêne, vernis Martin, bronze ciselé et doré, marbre rouge griotte. Paris, époque Louis XV, circa 1754-1758. Estampillée “B.V.R.B.”. Hauteur : 83,7 cm ; largeur : 114 cm ; profondeur : 52,2 cm.

Expositions : Paris, 1996, Biennale des antiquaires, stand Aveline & Cazeau-La B.raudi.re ; Maastricht, 2024, TEFAF, stand Steinitz.

Entre 1753 et 1758, le marchand mercier Lazare Duvaux mentionne dans son Livre-Journal cinq commodes en laque rouge de Chine ou en vernis Martin rouge, ornées de pagodes et de scènes chinoises. Réalisées par l’ébéniste Bernard (II) Van Risamburgh, dit B.V.R.B., ces commodes illustrent l’engouement du XVIIIe siècle français pour les décors inspirés de l’Extrême-Orient. Quatre d’entre elles étaient surmontées d’un marbre vert Campan, tandis qu’une seule recevait un marbre brèche d’Alep.

Aujourd’hui, cinq commodes rouges attribuées à B.V.R.B. sont connues. Trois sont en vernis parisien, dont deux proviennent de l’ancienne collection du duc de La Rochefoucauld-Doudeauville et une autre est conservée au musée de Dijon. Toutes présentent un décor similaire : architectures orientales, personnages chinois disposés en diagonale et motif caractéristique de paravent au premier plan. Cette homogénéité laisse penser qu’elles furent réalisées pour un même commanditaire ou marchand, probablement Lazare Duvaux, avec la collaboration d’un atelier de vernisseurs parisiens, peut-être celui des frères Martin.

Deux autres commodes sont exécutées en véritable laque rouge de Chine. L’une est aujourd’hui conservée au Louvre Abu Dhabi, tandis que l’autre, au J. Paul Getty Museum de Los Angeles, correspond probablement à une commode livrée en 1756 au duc d’Orléans par Lazare Duvaux. Cette dernière était décrite comme entièrement garnie de bronzes dorés et surmontée d’un marbre brèche d’Alep.

Les bronzes ciselés et dorés qui ornent ces meubles sont typiques du style raffiné de B.V.R.B. et rappellent plusieurs autres chefs-d’œuvre réalisés pour les grandes collections royales et aristocratiques françaises. Parmi eux figurent une commode en laque de Coromandel livrée à la duchesse du Maine à Sceaux avant 1736, ainsi qu’une commode en laque du Japon réalisée pour la reine Marie Leszczynska à Fontainebleau en 1737, aujourd’hui conservée au musée du Louvre.

D’autres modèles comparables, mêlant laque asiatique et vernis Martin, sont aujourd’hui conservés dans de grandes institutions internationales telles que le Getty Museum, le Victoria & Albert Museum de Londres ou encore le musée des Beaux-Arts de Caen. Ces œuvres témoignent de la fascination des amateurs français du XVIIIe siècle pour les laques orientales et du raffinement atteint par l’ébénisterie parisienne sous le règne de Louis XV.