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Bureau plat par André-Charles (I) Boulle

Collection particulière

André-Charles (I) Boulle (1642-1732) (ébénisterie). Chêne, écaille de tortue, laiton, cuivre, ébène, bronze ciselé et doré. Paris, époque Régence, circa 1710-1725. Hauteur : 80 cm ; largeur : 181 cm ; profondeur : 95 cm.

Expositions : Paris, 2006, Biennale des antiquaires, stand Aveline ; Maastricht, 2016, TEFAF, stand Aveline & Quénetain ; Maastricht, 2020, TEFAF, stand Christophe de Quénetain.

Ce bureau plat ouvrant à trois tiroirs est richement orné de bronzes ciselés et dorés : chutes d’angles à têtes féminines, sabots en griffes de lion, mascarons, entrées de serrure et poignées en forme de têtes de coqs. La façade présente les figures de Démocrite et d’Héraclite, tandis que les côtés sont décorés de masques de Bacchus et de figures féminines. Le plateau est recouvert d’un maroquin noir doré au petit fer et bordé d’un astragale en bronze doré. L’ensemble repose sur quatre pieds cambrés élégamment sculptés.

Le modèle appartient aux premières générations de bureaux plats créés par André-Charles Boulle vers 1710, à une époque où ce type de meuble devient l’un des symboles du mobilier d’apparat français. Dès les années 1720, les ateliers Boulle réalisent plusieurs bureaux comparables pour de grands collectionneurs et aristocrates, souvent accompagnés de serre-papiers et de pendules assorties.

Ce bureau est étroitement lié à plusieurs dessins conservés dans des institutions majeures, notamment au Cooper–Hewitt Museum de New York et au musée des Arts décoratifs de Paris. Les célèbres têtes féminines qui ornent les angles apparaissent également sur les commodes dites « Mazarine » réalisées par Boulle pour la chambre du Roi au Grand Trianon à Versailles. Les entrées de serrure en forme de têtes de coqs présentent la même marque aux « L » entrelacés que celles utilisées sur plusieurs meubles royaux attribués à Boulle.

L’histoire du meuble s’inscrit dans le contexte spectaculaire de l’incendie de l’atelier Boulle en 1720. Les archives mentionnent alors de nombreux bureaux en cours de fabrication, certains destinés à de grands commanditaires aristocratiques comme le duc de Bourbon au château de Chantilly. Les bureaux à têtes de femmes produits entre 1710 et 1725 figurent aujourd’hui parmi les créations les plus emblématiques de l’ébéniste.

Plusieurs exemplaires comparables sont conservés dans d’importantes collections historiques européennes, notamment celles des ducs de Gramont, des comtes de Warwick, de la duchesse de Talleyrand ou encore dans la collection princière du Liechtenstein à Vienne.

Par la richesse de sa marqueterie, la qualité exceptionnelle de ses bronzes et l’équilibre monumental de ses lignes, ce bureau incarne l’apogée du mobilier d’apparat français sous la Régence et demeure l’un des modèles les plus raffinés conçus par André-Charles Boulle.